quelques réflexions sur des thèmes récurrents en séance

...pour ceux qui ont envie de me lire...

Tout pour être heureux?

Je crois que, dans quasiment toutes les prises de contact de personnes souhaitant un rendez-vous avec moi, que ce soit par email ou par téléphone, la personne commence par expliquer qu'elle a "pourtant tout pour être heureuse".
Tout d'un coup, je me suis souvenue d'un outil très simple et que beaucoup de gens connaissent. C'est la pyramide de Maslow qui ressense nos besoins par ordre de priorité, de bas en haut. Il est souvent utilisé en coaching et en motivation du personnel. Selon sa théorie, on ne peut agir sur les besoins supérieurs d'une personne, qu'elle soit adulte ou enfant, qu'à la condition que ses besoins primaires soient satisfaits. Si ce modèle est parfois remis en cause et à montré certaines limites, il a l'avantage d'être extrêmement simple et facile d'approche.
Je trouve qu'il peut être utile pour une personne désireuse de comprendre ce qui va mal chez elle, de faire la liste des secteurs de sa vie satisfaisant tel ou tel besoin.  Ceci peut mettre en lumière des zones justement restées dans l'ombre jusque là.
Si nous vivons, à Munich, dans un environnement plutôt sécurisé et pourvoyant à la plupart de nos besoins physiologiques, il en est souvent tout autrement des besoins situés plus haut dans la pyramide.
Le besoin d'appartenance par exemple, dans un monde ou l'on demande beaucoup de flexibilité géographique, n'est pas si facile à satisfaire. Tandis que la famille et les amis sont souvent loin, on essaie de combler ce besoin par l'utilisation des réseaux sociaux ou de clubs sportifs.
Le besoin d'estime sera satisfait lorsque la personne accomplit une chose qu'elle pense valable. Et ce qui fait que cette personne ressent cette validation intérieure ou non dépend de son expérience et des regards posés par d'autres sur ce type d'action mais aussi sur soi en général dans le passé.
Quant au besoin d'accomplissement, il prend en compte le caractère unique de la personne et de ce qu'elle peut apporter au monde. Seulement en prenant ces élements individuels en compte, la personne pourra satisfaire son besoin d'accomplissement. On constate qu'il n'est pas rare qu'elle se tourne vers des activités plus altruites.
Je n'ai jamais utilisé la pyramide de Maslow en séance de psychothérapie mais je pense qu'il peut être intéressant pour chacun, à l'aide de cette pyramide, de réfléchir à ses propres besoins inassouvis ainsi qu' aux moyens d'y  pallier pour aller vers du mieux-être.
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   La souffrance au travail

Je dirais qu'actuellement, la moitié de mes patients consultent pour raison de mal-être dans le cadre professionnel. Les causes de souffrances y sont diverses et souvent cumulées.
Du coté de l’employé, les principales causes, notamment de burn-out, peuvent être des tendances à l’instabilité émotionnelle (par exemple des tendances anxieuse) ainsi que des mécanismes de fonctionnements (par exemple le perfectionnisme).
Mais il ne faut pas occulter le fait que certains environnements de travail sont tout simplemement destructeurs tant ils oublient de prendre en compte les capacités et besoins de l'être humain.
 Ainsi, certains contextes atteignent très clairement l’épanouissement de l’individu dans son travail et dans sa relation avec celui-ci. Ceci entache l'image de soi et, d'une manière plus générale, la confiance en soi.
Par exemple, lorsque la quantité de tâches à accomplir est très inadaptée à l'individu (soit beaucoup trop, soit trop peu), lorsque le travail doit être effectué sans autonomie ni touche personnelle,  lorsque l’individu est pris dans un conflit de valeur, lorsqu'un sentiment d'insécurité règne... La liste est longue mais on peut peut-être rajouter ici le facteur des besoins émotionnels et sociaux et notamment les relations humaines avec les collègues, la hiérarchie et les clients. En fonction de la vulnérabilité propre à l'individu à ce moment donné, il souffrira plus ou moins des failles de son environnement de travail.
On peut, dans une séance de thérapie ou de coaching professionnel, aider la personne à moins souffrir, notamment par des exercices de visualisation et d’activisation des ressources. Le simple fait de parler de sa souffrance et de reconnaitre qu’elle existe fait déjà avancer la personne. Tant de gens adoptent des comportements inconscients de protection tels que le déni, l’intellectualisation, la rationalisation ou le cynisme. Jusqu’à un certain degré de souffrance, ces mécanismes peuvent être utiles mais attention à ne pas en abuser! La chute n’en serait que plus soudaine et plus rude, comme cela est le cas avec les burn-out.
Cependant, notre société de performance culpabilise l’individu en souffrance. Et si le système de travail est parfois aussi défaillant, il arrive qu'on demande quand même à l’employé de se remettre en question. Cette approche, poussée à l’extrême, peut se révéler dangereuse et, de mon point de vue, beaucoup de gens qui souffrent au travail sont justement parfaitement sains. Leur corps et leur inconscient leur transmettent seulement des messages pour les alerter.
Gardons en tête qu'il faut être deux pour une relation et cela est vrai entre vous et votre travail également.
Quoiqu'il en soit, en cas de souffrance professionnelle, consulter en psychothérapie permettra non seulement de travailler sur ses propres blocages mais également d'analyser la relation de travail. Les facteurs qui m'ont fait accepter ce poste à l'époque sont-ils toujours d'actualité? La relation est-elle équilibrée? Les besoins de chacun sont-ils pris en compte? ....un peu comme dans un couple finalement!